Les 9 clés pour déprocrastiner

Il existe de nombreux moyens de se saboter et d’éviter le succès. Parmi eux, la procrastination est l’un des plus infaillibles : les procrastinateurs se sabotent, ils se mettent des obstacles et choisissent des voies contre-productives pour « atteindre leurs objectifs ».
La procrastination est ainsi un facteur de stress important et le seul fait d’y penser met l’individu dans un état d’auto-dévalorisation (“Je suis paresseux”, “Je n’ai pas de volonté”, sentiment de culpabilité…) qui ne résout en rien les problèmes et renforce le mécanisme de procrastination lui-même.
Alors voici 10 clés pour sortir de cette spirale infernale, avec joie et bonne humeur.

1. Ajuster notre estimation du temps estimé par rapport au temps réel

Chacun a un rapport au temps différent, et le temps qui passe est une appréciation purement subjective, dépendant de chacun et de son vécu. Pour certains, un trajet Nice-Paris en avion passera à la vitesse de l’éclair, alors que pour d’autres, il semblera durer une éternité.

Ainsi, lorsque nous avons une tâche à accomplir, il est rare que nous estimions correctement le temps qu’il nous faut pour l’accomplir. Certains auront tendance à sur-estimer le temps qu’il faut, et d’autres à sous-estimer le temps nécessaire à la réalisation de la même tâche.

La suite, avec vidéo et exercices, en cliquant ici.

2. Découper la tâche en petites tâches, et se fixer des jalons précis et réalisables à court terme

Se fixer des objectifs est le plus sûr moyen d’atteindre votre but. Mais attention, par n’importe quel objectif.
– Pour commencer, il ne doit pas être effrayant, monstrueux, gigantesque.
Si vous avez une tâche volumineuse, peut-être longue et fastidieuse à accomplir, le moyen d’en arriver à bout, et de ne pas la repousser au lendemain parce qu’elle semble insurmontable, est de la découper en plus petite tâches, en jalons individuels.
– Chaque tâche, chaque jalon intermédiaire doit être atteignable et tout en même temps représenter un défi, être « challenging », car on est beaucoup plus impliqué dans une mission dans laquelle on a des défis à relever.
– Chaque objectif (intermédiaire) doit avoir une échéance à court terme, c’est à dire que vous devez avoir à l’effectuer pour le jour même, ou le lendemain (la date butoir ne doit pas excéder quelques jours)
– Chacun de vos objectifs doit être clair et précis, c’est à dire que vous devez savoir quand ils seront atteints (critères de succès). Vous pouvez même faire un travail de visualisation de chaque objectif atteint, avant de le commencer.
Et bien sûr, ne travailler que sur une seule tâche à la fois !

Vidéo complémentaire et exercices en cliquant ici.

3. Les listes (to-do list) et le bullet journal

L’une des raisons de la procrastination peut être le manque de ligne directrice et de visibilité.
Ecoutons à nouveau ce que dit John Perry sur le sujet et nous complèterons par le Bullet Journal. « Si vous pratiquez la procrastination structurée (le procrastinateur organisé, ce qui est le cas de la plupart d’entre nous), vous avez sans doute une liste de choses à accomplir dans les jours, les semaines, les mois ou les années à venir. En tête de liste figure une tâche qui vous semble ultra-importante mais qui, au fond, ne l’est pas tant que ça, et qui vous motive à accomplir des choses à priori moins importantes. C’est ce que j’appelle votre liste de priorités. Il s’agit d’un agenda à long terme : les projets qu’il recense vous prendront une journée, une semaine, un mois ou une vie entière, si jamais vous avez l’ambition d’apprendre à parler le chinois couramment. (…)
Il est impératif d’établir cette liste à l’avance, de préférence la veille au soir, et de la poser aussitôt sur votre table de chevet. Avant de vous endormir, pensez aux grandes choses que vous allez accomplir dès le lendemain matin. N’attendez pas que le réveil sonne pour penser à votre programme du jour. »
Voir vidéo du point suivant.

Et pour faire des listes efficaces, je vous renvoie au point 1, afin d’ajuster votre rapport au temps.

4. Rythmer son temps de travail, selon son fonctionnement propre

Certains sont des coureurs de fond et peuvent travailler très longtemps, ils vont même peut-être commencer doucement, le temps que le moteur chauffe et seront à plein régime au bout d’1/2h de travail.
D’autres plongent dans le travail, en pleine concentration et ont besoin de pauses régulières pour reprendre leur souffre et repartir de plus belle.

Pour commencer, prenez un temps chaque début de semaine et chaque début de mois pour créer vos « to-do list » quotidiennes, hebdomadaires et mensuelles. Vous avez appris à vous connaître, et ainsi vous pouvez créer des listes réalistes, ajustées à votre rapport personnel au temps.
Ne vous fixez que 3 à 5 « grandes priorités » par jour.

Une technique qui fait beaucoup parler d’elle ces derniers temps est la technique Pomodoro, ou encore la technique de la tranche de tomate. Elle permet de séquencer vos journées en alternant pauses et activités. Pendant une période assez courte (de 20 minutes à une demi-heure), il s’agit de ne porter son attention que sur une seule tache. Puis d’enchainer avec une pause de cinq minutes maximum puis de passer à une autre tache/ tranche de tomate et ainsi de suite.
Au bout de quatre tranches de tomate, pratiquez des pauses plus longues de 15 à 30 minutes. Ces périodes de travail assez courtes permettent de ne pas s’essouffler et de relancer le moteur. L’autre avantage de cette méthode des petits pas est d’éviter de se laisser impressionner par l’ampleur d’une tache.

La vidéo, tout sur la méthode pomodoro et les exercices, en cliquant ici.

5. Se féliciter et célébrer chaque tâche accomplie (valorisation)…
la DONE list

Il est important de ne pas dénigrer le travail accompli, même s’il vous semble sans grande importance ou sans panache.
Et si vous n’aviez pas accompli cette tâche… cela aurait certainement pénalisant.

Chaque travail, chaque tâche accomplie, mérite d’être reconnue.
La Done-list, la liste de tout ce qui a été accomplie en une journée, est un bon moyen de mettre cela en valeur. Vous vous rendrez compte de la somme de choses que vous avez faites dans une journée, depuis le lever, jusqu’au coucher, et cela vous permettra je l’espère de prendre de vrais temps de récupération, pour vous, chaque jour.

6. Automatiser les tâches récurrentes, les ritualiser, de façon à ne plus avoir à y penser.

Les routines demandent un travail au départ, une forme de persévérance mais cette mise de départ est largement rentabilisée par la suite. Les choses sont beaucoup plus faciles à accomplir quand on instaure une régularité, que ce soit pour le travail, pour des exercices physiques ou même les courses (hebdomadaires). Si vous planifiez de façon régulière certaines de ces tâches que vous repoussez toujours à plus tard, soyez assuré(e) qu’elles deviendront plus faciles.
Commencez doucement, avec quelque chose que vous pouvez facilement vous engager à tenir. Comme lorsque vous vous brossez les dents, cela deviendra probablement quelque chose que vous faites, tout simplement, sans y penser que ça et sans que cela vous demande beaucoup d’efforts.
À ce stade, vous pouvez transformer votre rituel, de façon à garder votre niveau global d’effort à un niveau modéré à faible. Plus important encore, lorsque vous ne pouvez pas accomplir votre rituel — ce qui est inévitable avec la maladie ou l’inattendu — reprenez-le dès que possible.
Votre rituel devient de plus en plus puissant chaque fois que vous l’accomplissez, et perd de son efficacité à chaque fois que vous l’omettez.

J’ai par exemple coaché une personne qui ne parvenait pas à se mettre à une tâche vraiment importante pour elle. Les semaines passaient. Le seul moyen a été d’instaurer un rituel : tous les jours, entre 11h30 et 12h, elle consacrait 1/2h de son temps à cette tâche particulière. Et en moins d’une semaine, c’était lancé ! Et elle s’est mise à son projet avec passion.
J’ai aussi l’exemple d’une personne qui voulait écrire un livre mais ne parvenait pas à se mettre à l’écriture. Ce qui a débloqué la situation est le fait que son coach lui demande pour chaque séance une page d’écriture, avec n’importe quoi sur cette page (même si c’était sans intérêt), mais une page d’écriture. Et le livre s’est lancé ainsi ! Cet exemple rejoint le point suivant (n°6) sur l’acceptation de fournir un travail imparfait. En effet, cette personne ne parvenait pas à se mettre à l’écriture car elle pensait qu’elle ne produirait jamais quelque chose d’intéressant…

7. Accueillir l’échec, transformer ses erreurs et s’autoriser à fournir un travail imparfait

La plupart d’entre nous avons grandi avec l’idée que les erreurs sont quelque chose de mal et qu’il convient de les éviter à tout prix. Nous avons tendance à considérer les erreurs comme le signe d’une intelligence limitée. Plus vous faites d’erreurs, plus vous êtes stupide. Et c’est pourtant tout l’inverse : les erreurs sont autant d’occasions d’apprendre quelque chose de nouveau. « Il y a quelque chose de magique qui se cache derrière chaque erreur. Ce quelque chose de magique est ce qu’on appelle l’apprentissage. »
Plutôt que d’apprendre à éviter les erreurs, il est important d’apprendre l’art de transformer chaque erreur en occasion de devenir plus sage. Il n’est pas facile d’apprendre de nos erreurs et de nos échecs.

La suite, avec vidéo, exercices et citations de John Perry, en cliquant ici.

8. Adapter son environnement, personnel ou de travail

Le contrôle du stimulus est une stratégie bien documentée qui combat avec succès la procrastination. Ce dont vous avez besoin, c’est d’un endroit unique où vous faites votre travail et rien d’autre. Par exemple, de nombreux étudiants ont un bureau préféré dans une bibliothèque. Pour que le contrôle des stimuli fonctionne le mieux, le bureau ou le bureau doit être exempt de tout signe de tentation ou de distraction facilement disponible qui pourrait vous éloigner de votre tâche (par exemple, pas de jeux, pas de bavardage, pas de navigation sur le Web). Si vous avez besoin d’une pause, c’est bien, mais assurez-vous de l’avoir ailleurs, de préférence en dehors de l’espace de travail lui-même. Si vous ne souhaitez pas prendre le temps de vous y rendre, sachez que vous n’avez probablement pas besoin de la pause.

Je vous partage ici la stratégie mise en place par John Perry.
« J’ai élaboré un stratagème imparable quand je me connecte sur Internet et que je suis fatalement soumis à la tentation de surfer. Je n’ouvre une session qu’à condition d’être certain qu’un événement viendra m’interrompre et me tirer de cet engrenage. Je me connecte seulement quand mon estomac commence à gargouiller, que je suis presque sûr que ma femme va surgir pour me charger d’une mission urgente ou que je sens déjà les premiers signes d’une rupture de la vessie. (…). En cas de force majeure, programmez votre réveil pour qu’il vous rappelle à l’ordre au bout d’une heure. Votre connaissance du Tadjikistan restera lacunaire : c’est bien dommage. »

A vous de trouver la stratégie qui sera la bonne pour vous, et pour vous seul !

9. Travailler avec des non-procrastinateurs

Je laisse à nouveau la parole à John Perry, qui parle très bien de ce point spécifique : « Pour surmonter votre tendance à la procrastination, le meilleur moyen consiste à s’entourer de coéquipiers qui ne soient pas, eux aussi, des procrastinateurs. Ces gens-là sont encore plus efficaces qu’un radio-réveil, même s’ils sont parfois plus difficiles à désactiver. J’ai souvent eu l’occasion de travailler avec des non-procrastinateurs et, dans l’ensemble, ces collaborations ont été fructueuses.
(…)
En s’entourant de collaborateurs qui ne procrastinent pas, tout comme en programmant un réveil, la décision de se mettre au travail échappe à votre bon vouloir. L’inconvénient, c’est qu’on finit par travailler d’arrache-pied. »

Et pour conclure…

Et puis bien sûr, de temps en temps, autorisez vous à procrastiner. Il arrive que la meilleure des choses à faire quand on bloque, c’est d’éteindre son ordi… et de remettre à plus tard !
Concluons avec John Perry : « Le procrastinateur structuré n’est sans doute pas l’homme le plus efficace du monde mais, en laissant libre cours à ses idées et à ses énergies, il parvient à accomplir toutes sortes de choses à côté desquelles il serait passé s’il s’était astreint à un régime plus contraignant. Félicitez-vous de ce que vous avez réalisé. Sachez utiliser les listes de choses à faire, les réveils et autres moyens de vous servir de votre environnement. Mettez en oeuvre des collaborations qui vous éviteront de n’avoir jamais rien accompli. Et surtout, profitez de la vie. »

J’aimerais ajouter mon grain de sel à tout ce qu’on entend sur la procrastination.
Ce qui est important avant tout, c’est de faire preuve de discernement pour s’assurer de ce sur quoi on a vraiment besoin de déprocrastiner, de ce qui est vraiment handicapant et que l’on a besoin de changer. Par exemple, en ce qui me concerne, j’ai un blocage vis à vis du téléphone, je le sais, et je remets toujours à plus tard les appels que je dois passer. C’est vraiment pénalisant au quotidien. Après en avoir pris conscience, je vais ritualiser un temps pour mes appels téléphoniques, 2 fois par semaine. Ainsi, je n’aurai pas à y penser, à m’angoisser… juste à passer à l’action, sans réfléchir et laisser remonter les vieilles aversions (dont je connais l’origine).
Et puis, il faut regarder en face le fait que la procrastination est peut-être une technique inconscience salvatrice pour vous ménager des temps de pause, d’errance, de contemplation, d’art, de voyage… Et ces moments-là sont plus que précieux, ils peuvent même vous préserver d’un burn-out (mon prochain sujet de travail).
Car le profil du procrastinateur organisé est très similaire au profil de la personne susceptible de faire un burn-out : passionnée, créatrice, motrice…
Alors une fois encore, faites preuve de discernement : déprocrastinez là où c’est important et récupérer du temps pour vous, du temps pour de la joie, du bonheur, du plaisir, de la vie !

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