Le burn-out – introduction

Je lis et réfléchis actuellement sur le processus de burn-out, parce qu’il est partout, parce qu’il est comme un symptôme de notre époque, largement répandu (trop), qu’on ne peut plus nier et qui demande d’agir, parce que j’ai moi-même traversé l’épreuve d’un burn-out (pris à temps) et je crois que c’est en vivant soi-même les choses, de l’intérieur, que l’on peut au mieux les transmettre. J’ai aujourd’hui envie d’aider chacun à ne pas tomber dans le trou noir du burn-out et pour ceux qui seraient de l’autre côté, les aider à sortir du gouffre, avec patience et bienveillance, de façon à ne pas y tomber à nouveau. Guérir et mieux vivre.
Je vous propose de m’accompagner, au fil des semaines, dans la compréhension profonde du burn-out, qui pourrait bien être considéré comme une catharsis, un chemin initiatique…


Je m’appuierai sur plusieurs livres dont Global Burn-out, écrit par le philosophe Pascal Chabot.
Je vous partage ici des extraits de l’introduction de son livre.

« Le burn-out est une maladie de civilisation. Nous épuisons la terre. La biosphère est transformée en une ressource. Face à la nature, nous n’avons plus l’attitude de contemplatifs mais d’exploitants qui cherchent qui cherchent en elle ce qui pourrait leur profiter, marquant ainsi toute la planète de leur empreinte. Or cet épuisement prend de nos jours une extension nouvelle. Il atteint certaines personnes qui, dans les pays occidentaux, semblaient préservées des retombées néfastes du développement. Les maîtres d’oeuvre deviennent les victimes, subissant aussi les effets d’une mentalité d’exploitation. (…)

La concurrence mondialisée oblige à réduire les coûts, à rogner sur les effectifs. Des méthodes de management hallucinantes sont inventées. Elles assujettissent, contrôlent, pressent, créent des délateurs et cassent des solidarités. L’humain est une ressource : qu’il dégorge, lui aussi, ses meilleurs énergies, sa sueur, son temps. Il est, de toutes façons, surnuméraire, et donc remplaçable. Ressurgit alors un affect très profond que tous les humanismes ont cherché à bannir, et qu’exploite pourtant le pouvoir de certains : la peur. (…)

Qu’est-ce que le burn-out, sinon une conséquence de ces régimes effrénés ? Ses symptômes de fatigue, d’anxiété, de stress ingérable, de dépersonnalisation et de sentiment d’incompétence dressent le portrait de personnes qui ont trop donné, sans recevoir ce dont elles avaient besoin. Elles se sont souvent oubliées, sans toujours avoir le choix de faire autrement. (…)

Pour clore cette introduction, il faut insister sur un trait du burn-out qui est peut-être le plus important : son potentiel de métamorphose. Les corps sont intelligents. Ils en savent parfois davantage sur nos besoins que nos psychismes bridés. S’ils demandent grâce, il faut les écouter, et chercher à apprendre d’eux ce que seraient des voies plus praticables et épanouissantes. La question du sens, longuement tue, refait alors surface avec toute la vigueur d’une requête insistante qu’on a pu étouffer. Qu’est-ce qui importe vraiment . Où est le centre ? Quelle est la valeur de cette vie ? L’oeuvre au noir du burn-out est souvent douloureuse à traverser. Mais si elle a pu engendrer ces questions, et donner le courage de les considérer sans concession, elle n’aura pas été vaine. »

Image
Marco Evaristti : The Ice Cube Project

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close